Scène politique en Azerbaïdjan
La vie politique azerbaïdjanaise s'organise autour d'un parti dominant, largement identifié à la présidence, tandis que les formations d'opposition occupent une place marginale. Les deux derniers scrutins nationaux se sont tenus par anticipation au cours de l'année 2024 et ont confirmé cet équilibre. Les missions d'observation internationale y ont relevé l'absence de véritable concurrence.
Parti du nouvel Azerbaïdjan
Le Parti du nouvel Azerbaïdjan, fondé en 1992 par Heydar Aliev et présidé par Ilham Aliev, structure l'essentiel de la vie institutionnelle. Il revendique plusieurs centaines de milliers d'adhérents et dispose de relais dans l'administration, les entreprises publiques et les collectivités. Ses candidats détiennent la majorité absolue des sièges du Milli Medjlis, complétée par des députés sans étiquette qui soutiennent le plus souvent le gouvernement.
Formations d'opposition
Le Front populaire d'Azerbaïdjan et le parti Moussavat constituent les principales forces d'opposition historiques. Elles se heurtent à un accès très réduit aux médias audiovisuels, à des difficultés d'enregistrement et à des poursuites visant leurs responsables. Plusieurs d'entre elles ont boycotté des scrutins récents en jugeant que les conditions d'une compétition équitable n'étaient pas réunies. D'autres formations de taille modeste siègent au Parlement sans s'opposer frontalement à l'exécutif.
Élection présidentielle anticipée
Le 7 février 2024, une élection présidentielle anticipée a reconduit Ilham Aliev pour un cinquième mandat avec environ 92 % des suffrages exprimés, face à six candidats peu connus du public. Le scrutin s'est déroulé pour la première fois sur l'ensemble du territoire internationalement reconnu du pays, y compris les zones reprises au Haut-Karabagh.
Législatives anticipées
Le 1er septembre 2024, les électeurs ont renouvelé le Milli Medjlis avec plusieurs mois d'avance, le calendrier initial coïncidant avec la conférence climatique COP29 organisée à Bakou. Le Parti du nouvel Azerbaïdjan a obtenu 68 des 125 sièges, la plupart des autres revenant à des candidats indépendants et à de petites formations.
Observations de l'OSCE
Le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE a publié en mars 2025 ses rapports finaux sur les deux scrutins. Ses missions y décrivent un environnement restrictif, marqué par l'absence de véritable alternative politique, des restrictions durables aux libertés d'expression, de réunion et d'association, ainsi que des irrégularités de procédure lors du dépouillement. Elles recommandent notamment une révision du code électoral, une plus grande indépendance des commissions électorales et un élargissement de la participation des femmes.
Pluralisme limité
Les chercheurs et les organisations qui évaluent la qualité démocratique classent l'Azerbaïdjan parmi les régimes autoritaires. Ils invoquent la concentration du pouvoir, la faiblesse des ressources dont disposent les partis indépendants et les poursuites engagées contre des militants. Une partie du débat public se déplace vers les réseaux sociaux et vers des médias installés à l'étranger.