Libertés publiques en Azerbaïdjan
Les libertés publiques en Azerbaïdjan font l'objet de critiques constantes de la part des organisations internationales de défense des droits humains. Les autorités mettent en avant la stabilité du pays, tandis que le Conseil de l'Europe et les Nations unies signalent des restrictions étendues à l'expression, à la réunion et à l'action associative. La période ouverte par la reprise du Haut-Karabagh a coïncidé avec un durcissement de la répression.
Liberté de la presse
Reporters sans frontières place l'Azerbaïdjan au 171e rang sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse publié en 2026. Elle décrit un paysage médiatique contrôlé par l'État, où la télévision publique reste la principale source d'information et où des sites indépendants comme Meydan TV travaillent depuis l'étranger. La loi sur les médias de 2022 impose un enregistrement des journalistes, disposition que la Commission de Venise juge restrictive.
Journalistes et militants emprisonnés
Une vague d'arrestations lancée en novembre 2023 a visé les dernières rédactions indépendantes. En juin 2025, sept journalistes liés au site d'enquête Abzas Media et à Radio Free Europe ont été condamnés à des peines de 7 à 9 ans de prison pour contrebande de devises, accusations qu'Amnesty International qualifie de fabriquées, et la Cour suprême a rejeté leur appel en avril 2026. Des collaborateurs de Toplum TV ont reçu à leur tour des peines supérieures à 10 ans en juillet 2026. Selon Reporters sans frontières, plus de 20 journalistes se trouvaient détenus lors de son dernier bilan.
Société civile et associations
Les organisations non gouvernementales doivent s'enregistrer auprès du ministère de la Justice et déclarer leurs ressources. Les financements étrangers sont soumis depuis 2014 à une autorisation préalable, ce qui a conduit de nombreuses associations à suspendre leurs activités. Des défenseurs des droits humains font l'objet d'interdictions de voyage et de poursuites pénales.
Réunion et religion
Les rassemblements publics nécessitent une autorisation préalable et se voient souvent relégués en périphérie de Bakou. Les cultes doivent s'enregistrer auprès du Comité d'État pour le travail avec les organisations religieuses, et la diffusion de littérature religieuse demeure contrôlée. L'État se présente comme laïque et met en avant la coexistence des communautés religieuses.
Positions du Conseil de l'Europe
En janvier 2024, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a refusé de ratifier les pouvoirs de la délégation azerbaïdjanaise en invoquant le non-respect d'engagements majeurs, et cette délégation a cessé de participer à ses travaux. La Cour européenne des droits de l'homme a rendu de nombreux arrêts constatant des violations du droit à la liberté et à un procès équitable, dont l'exécution fait l'objet d'un suivi par le Comité des ministres.
Conséquences du conflit du Karabagh
Après l'opération militaire de septembre 2023 et le départ de la quasi-totalité de la population arménienne du Haut-Karabagh, les autorités ont engagé un programme de retour des déplacés azerbaïdjanais dans les territoires repris. Les organisations humanitaires demandent un accès indépendant à la région, et le sort des personnes détenues reste discuté dans les instances internationales.