La musique azerbaïdjanaise
La musique tient une place centrale dans l'identité azerbaïdjanaise. Elle repose sur un système modal partagé avec l'Iran, la Turquie et l'Asie centrale, que les musiciens locaux ont développé sous une forme propre. Trois traditions principales coexistent, le mugham savant, le chant des ashiq et une création savante d'inspiration occidentale née au vingtième siècle.
Mugham
Le mugham associe des modes mélodiques codifiés, une improvisation très libre et des poèmes classiques, souvent empruntés à Fuzuli ou à Nizami. Un trio réunit en général un chanteur qui joue du tambourin, un joueur de tar et un joueur de kamantcha. L'UNESCO a inscrit le mugham sur sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel en 2008. Un centre international consacré à ce répertoire accueille concerts et concours sur le front de mer de Bakou depuis la fin des années 2000.
Art des ashiq
Les ashiq chantent en s'accompagnant du saz, un luth à long manche, et parcouraient traditionnellement les villages de l'ouest du pays. Leur répertoire mêle épopée, satire et poésie amoureuse. Cet art figure sur la liste de l'UNESCO depuis 2009 et se transmet encore de maître à élève.
Tar et kamantcha
Le tar, luth à caisse en forme de huit, sert d'instrument principal du mugham, et sa fabrication comme son jeu sont inscrits à l'UNESCO depuis 2012. La kamantcha, vièle à pique tenue verticalement, a rejoint la même liste en 2017 dans un dossier commun avec l'Iran. Le balaban, hautbois à anche double, apporte une couleur plus grave aux ensembles de musique populaire.
Uzeyir Hadjibeyov et naissance de l'opéra
Uzeyir Hadjibeyov, né en 1885 et mort en 1948, crée en 1908 à Bakou l'opéra Leyli et Medjnoun, considéré comme le premier opéra du monde musulman. Il y combine des passages de mugham improvisés et une écriture orchestrale occidentale. Son opérette Archine Mal Alan, de 1913, connaît un succès durable, et sa musique sert d'hymne national depuis le rétablissement de l'indépendance.
Jazz-mugham
Vagif Moustafazadeh, né en 1940 et mort en 1979, invente le jazz-mugham en mêlant l'improvisation modale et le piano de jazz. Sa fille Aziza Mustafa Zadeh poursuit cette voie sur les scènes internationales. Bakou accueille chaque année un festival de jazz reconnu dans toute la région.
Scène pop et Eurovision
La variété azerbaïdjanaise mélange rythmes locaux, pop turque et production internationale. Le pays participe au Concours Eurovision de la chanson depuis 2008 et l'a remporté en 2011 avec Running Scared, interprété par Ell et Nikki. Bakou a organisé l'édition suivante en 2012 dans la salle Crystal Hall, construite pour l'occasion au bord de la Caspienne.