La littérature azerbaïdjanaise
La littérature azerbaïdjanaise s'est construite dans trois langues, le persan, l'arabe et le turc azéri. Elle associe une haute tradition savante, née dans les cours médiévales, et une tradition orale portée par les bardes des campagnes. Le passage au théâtre puis au roman, au 10-neuvième siècle, lui a donné ses formes modernes.
Nizami Gandjavi et poésie persane
Nizami Gandjavi, né vers 1141 à Gandja et mort vers 1209, compose en persan les cinq longs poèmes réunis sous le nom de Khamseh. Leyli et Medjnoun ainsi que Khosrow et Chirin ont nourri la peinture, la musique et le théâtre de tout l'Orient. L'Azerbaïdjan le considère comme sa figure littéraire fondatrice et lui a consacré une année commémorative en 2021.
Khagani et art de la qasida
Khagani Chirvani, actif au douzième siècle à Chamakhi, écrit des qasidas d'une grande difficulté formelle. Son poème sur les ruines du palais sassanide de Ctésiphon compte parmi les textes les plus commentés de la poésie persane classique.
Fuzuli et essor du turc azéri
Fuzuli, mort en 1556, écrit en azéri, en persan et en arabe. Sa version de Leyli et Medjnoun, achevée vers 1536, fait passer le turc azéri au rang de langue littéraire majeure. Les Azerbaïdjanais, les Turcs, les Irakiens turcophones et les Iraniens se réclament tous de son héritage.
Ashiq et poésie orale
Les ashiq, poètes chanteurs qui s'accompagnent du saz, transmettent depuis des siècles des récits épiques comme Koroghlu. Leur art figure depuis 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Ces artistes improvisent encore lors des mariages et se mesurent dans des joutes poétiques très suivies.
Mirza Fatali Akhundov et naissance du théâtre
Mirza Fatali Akhundov, né en 1812 et mort en 1878, publie entre 1850 et 1855 une série de comédies qui fondent le théâtre en langue azérie. Il défend aussi une réforme de l'écriture arabe et une pensée sécularisée. Au début du vingtième siècle, la revue satirique Molla Nasreddin, lancée en 1906, et les poèmes de Mirza Alakbar Sabir prolongent cette veine critique.
Littérature soviétique
La période soviétique impose le réalisme socialiste et frappe plusieurs auteurs lors des répressions des années 1930. Samad Vurgun, mort en 1956, reste le poète le plus lu de ces décennies. Le roman historique et la nouvelle rurale occupent une place importante dans la production de l'après-guerre.
Écrivains contemporains
Depuis l'indépendance, Elchin Efendiyev, Kamal Abdulla et Chinguiz Abdullayev comptent parmi les auteurs les plus lus du pays. Le roman policier et le récit historique dominent les ventes, tandis qu'une jeune scène explore le récit urbain. Les traductions vers le français restent rares, ce qui limite la diffusion de cette littérature en Europe occidentale.