L'artisanat azerbaïdjanais

L'artisanat azerbaïdjanais s'appuie sur des savoir-faire régionaux transmis depuis le Moyen Âge. Le tapis, la soie, le cuivre et le travail du bois occupent chacun leur ville ou leur vallée. Plusieurs de ces techniques figurent aujourd'hui sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Tapis azerbaïdjanais

Le tapis noué occupe la première place dans l'artisanat national. Les spécialistes distinguent plusieurs écoles régionales, dont celles de Gouba, de Bakou, du Chirvan, de Gandja, du Karabagh et de Tabriz, chacune reconnaissable à ses médaillons et à sa gamme de couleurs. Les teintures proviennent traditionnellement de la garance, de l'indigo et de l'écorce de grenade. Cet art est inscrit à l'UNESCO depuis 2010, et le musée des tapis de Bakou, installé dans un bâtiment en forme de tapis enroulé, en présente une large collection.

Kelaghayi

Le kelaghayi est un foulard carré de soie, teint et imprimé au tampon de bois selon une technique de réserve à la cire. Les ateliers de Basgal et de Chamakhi perpétuent ce savoir-faire depuis des générations. Les motifs, souvent des boteh en forme d'amande, varient selon l'âge de celle qui porte le foulard et selon les circonstances. L'UNESCO a inscrit cet art en 2014.

Cuivre de Lahidj

Le village de montagne de Lahidj, dans le district d'Ismayilli, vit depuis des siècles du travail du cuivre. Les artisans martèlent et étament plateaux, bassins et pichets, puis gravent des décors géométriques et floraux. Les ruelles pavées du village alignent encore les ateliers, et cette tradition figure sur la liste de l'UNESCO depuis 2015.

Soie de Chéki

Chéki, au pied du Grand Caucase, produit de la soie depuis l'époque médiévale et conserva une industrie séricicole pendant la période soviétique. Les ateliers tissent aujourd'hui foulards et étoffes destinés au marché local et aux visiteurs. La ville garde aussi ses caravansérails, qui rappellent son ancien rôle sur les routes marchandes.

Bijouterie

L'orfèvrerie travaille l'argent niellé, le filigrane et l'émail, avec des motifs floraux et des grenades stylisées. Les ceintures d'argent, les colliers et les coiffes brodées de pièces appartiennent au costume féminin traditionnel. Les ateliers de Bakou et de Gandja produisent encore des pièces inspirées de ces modèles anciens.

Marqueterie shebeke

Le shebeke assemble sans clou ni colle de petits éléments de bois et des verres colorés pour former des fenêtres géométriques. Le palais des khans de Chéki en offre l'exemple le plus célèbre, avec des panneaux qui comptent des milliers de pièces au mètre carré. Quelques ateliers transmettent encore cette technique exigeante, et la marqueterie de nacre a rejoint la liste de l'UNESCO en 2023.