L'architecture azerbaïdjanaise

L'architecture azerbaïdjanaise reflète la position du pays entre monde iranien, monde turc et empire russe. Elle va des tours funéraires médiévales couvertes de briques aux gratte-ciel de verre du front de mer. Bakou en offre le résumé le plus complet, sur quelques kilomètres carrés.

Vieille ville de Bakou

L'Icheri Cheher, enceinte médiévale de la capitale, est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2000 avec le palais des Chirvanchahs et la tour de la Vierge. Ses ruelles étroites abritent mosquées, hammams et caravansérails élevés entre le onzième et le seizième siècle. La tour de la Vierge, cylindre massif d'environ 29 mètres, remonte au moins au douzième siècle et sa fonction d'origine reste discutée.

Palais des Chirvanchahs

Le palais des Chirvanchahs, bâti pour l'essentiel aux quinzième et seizième siècles, réunit une salle du divan, une mosquée, un mausolée et des bains répartis sur plusieurs terrasses. La pierre calcaire locale, taillée avec finesse, donne à l'ensemble sa teinte claire caractéristique. Les inscriptions coufiques et les entrelacs du portail du divan comptent parmi les plus belles sculptures de la région.

Mausolées de Nakhitchevan

Adjami ibn Aboubakr Nakhtchivani élève en 1186 le mausolée de Momine Khatoun, tour décagonale entièrement couverte de briques en relief. Sa hauteur atteint aujourd'hui environ 25 mètres, la coupole en tente n'ayant pas été conservée. Le même architecte avait déjà signé le mausolée de Youssouf ibn Kouseyir, dans la même ville, ce qui fait de Nakhitchevan un foyer majeur de l'architecture funéraire du douzième siècle.

Caravansérails et villes marchandes

Les routes caravanières laissent des relais en pierre à Bakou, à Chéki et sur l'itinéraire menant vers Tabriz. Ces bâtiments s'organisent autour d'une cour bordée de cellules voûtées et servent aujourd'hui d'hôtels ou de restaurants. Le centre historique de Chéki et son palais des khans, décoré de vitraux shebeke, sont entrés au patrimoine mondial en 2019.

Architecture du boom pétrolier

L'enrichissement pétrolier transforme Bakou entre 1880 et 1914. Les mécènes locaux, dont Hadji Zeynalabdin Taghiyev, commandent des immeubles néogothiques, néobaroques ou orientalisants à des architectes venus de Pologne et de Russie. Le palais des Ismailiyya, aujourd'hui siège de l'Académie des sciences, et le bâtiment de la philharmonie illustrent ce goût éclectique.

Bakou contemporaine

Les Flame Towers, achevées au début des années 2010, dressent trois tours de verre dont la plus haute atteint 126 mètres. Le centre Heydar Aliyev, dessiné par Zaha Hadid et ouvert en 2012, déploie une coque blanche sans angle vif qui a reçu le prix du Design Museum de Londres en 2014. Ces réalisations spectaculaires coexistent avec de vastes quartiers d'habitat collectif hérités de la période soviétique.